Les effets d’une grève

La fusion entre la Téluq et l’Uqam est et sera probablement pour un bout de temps encore un échec digne des plus grandes ambitions de fonctionnaires. Mais bon, ça j’pense que tout le monde qui connait la situation était au courant. Pour les autres:

Moins de trois ans après le mariage entre la Télé-université et l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’union n’est toujours pas consommée. Les bénéfices sur le plan de l’enseignement et de l’administration ne sont pas au rendez-vous, tant et si bien que l’UQAM se penche sur les conditions de l’intégration de la TELUQ à l’université montréalaise et n’exclut pas un divorce.

En plus du manque à gagner en subvention pour les locaux, la fusion de la TELUQ avec l’UQAM n’a pas permis de réaliser d’économies administratives. «Il y a une entente qui fait en sorte que les deux institutions fonctionnent de façon parallèle», affirmait il y a quelques semaines la vice-rectrice à l’administration et aux finances de l’UQAM, Monique Goyette.

La firme comptable PricewaterhouseCoopers, dans son rapport publié en mars sur le plan de redressement de l’UQAM, soulignait cette absence d’intégration réelle. «L’intégration de la TELUQ générerait des économies d’échelle importantes. L’UQAM devrait se référer aux objectifs initiaux du rattachement et revoir les synergies possibles, tant d’un point de vue académique qu’administratif», recommandaient les comptables. Ces derniers suggéraient d’établir un «plan de contingence» rapide si l’on en arrivait à la conclusion que le «rattachement effectif ne peut se faire ou n’est plus souhaitable».

Ce qui est intéressant de cet article – du moins plus que d’apprendre que les universités sont mal gérées (surprise?) – c’est les impacts de sa récente grève des tuteurs:

La TELUQ compte normalement environ 16 000 étudiants (mais un tiers de moins depuis la récente grève des tuteurs) et dispose d’un budget de quelque 30 millions.

Un tiers de la clientèle en bon français, c’est une hécatombe. Et pourtant tout a l’air d’être business as usual du côté de l’administration. Il y a eu un concours pour gagner 5000$ afin d’inciter les gens à s’inscrire à l’été. C’est pas ce que j’appelle un plan de sauvetage digne de ce qui s’est produit. Je ne connais aucune entreprise privée qui survivrait sans se poser de question ni de faire de gros changements après un tel événement. Mais ici, on va passer les déficits au ministère et le piler sur la dette.

Source: Le Devoir

You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

2 Comments »

 
  • Tym Machine says:

    Les gouvernements sont des entités totalement irresponsables autant sur le plan moral que financier.

    Si c’était une entreprise privée, le Québec aurait fait faillite il y a très longtemps et fort probablement également le Canada et les USA. En fait, à part l’Alberta, je ne connais aucun autre territoire qui n’est pas endetté jusqu’au cou mais le Québec, c’est vraiment pire que pire.

    Et pour la responsabilité et l’imputabilité morale et criminelle, on repassera, on a prouvé avec le viaduc de la Concorde que le gouvernement pouvait tuer d’honnête et innocent citoyen en toute impunité.

    En anglais on dirait “to get away with murder”.

  • Jean-François Grenier says:

    Quand t’as personnellement rien à perdre, tu t’en fous quand “the shit hits the fan”, t’as juste à te reculer et attendre que ça passe en émettant un communiqué de temps à autre pour témoigner ton “attention” au dossier. On a pus voir le même genre de fuite de responsabilité dans le dossier de l’UQAM et des millions de perdu.

 

Leave a Reply

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>