L’impact du Web 2.0 sur le monde journalistique
Le journalisme est un domaine reposant en très grande partie sur le partage et la diffusion de l’information, il est donc facile de s’imaginer que le web 2.0 l’influençera. L’étape des prévisions théoriques est déjà terminée et les effets sont bien réels. Ce nouveau paradigme n’a pas fini de fortement remodeler l’environnement journalistique tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Le web permet à ses utilisateurs d’établir des liens, de produire et de consommer du contenu et de partager directement ou indirectement avec le reste de l’humanité d’une façon toute nouvelle. Cet « empowerment » du citoyen ordinaire modifie son interaction avec son milieu et les acteurs traditionnels du milieu de la communication journalistique. La passivité, qui a si souvent caractérisé la communication unidirectionnelle des journalistes, se fait graduellement remplacer par une interactivité permise par les derniers développements web.
La chute des barrières
La réduction considérable du coût de publication
L’Internet et le Web 2.0 permettent une communication beaucoup plus facile et rapide entre les gens. Il est donc logique de s’imaginer que plusieurs vont utiliser ces nouvelles plateformes pour diffuser de l’information pour de multiples raisons, que ce soit pour partager une passion ou pousser leurs idéaux politiques. Le coût de publication, qui peut être sommairement défini comme étant les obstacles à surmonter pour assurer la propagation d’un message, a donc considérablement été réduit et se rapproche de plus en plus de la valeur nulle. Quiconque qui désire démarrer un blog peut le faire gratuitement et sans aucune connaissance technique .
Fin du monopole des médias sur le marché de l’information
L’ère du contrôle de l’information par les médias est derrière nous, autant du côté du consommateur d’information qui a maintenant accès à une multitude de sources que du côté des émetteurs qui peuvent maintenant passer par plusieurs canaux ou converser directement avec leurs publics. Le « man in the middle » que sont les médias est de plus en plus inutile à l’établissement de ce dialogue entre les parties.
Apparition des citoyens-journalistes
Avec cette toute récente facilité de diffusion, plusieurs individus publient du contenu digne d’un journal. Que l’on parle de blogs complets sur un sujet ou de forums de discussions sur lesquels des gens publient de façon sporadique, l’ère du citoyen-journaliste est arrivée. Tous peuvent aujourd’hui tenter leur chance, mais évidement tous ne réussiront pas. Le simple fait de publier n’est pas suffisant à attirer un auditoire et établir un dialogue.
La disparition de ces barrières fait donc descendre de leur piédestal et permet au citoyen de s’élever de la masse. Quelque part entre les deux, la rencontre de ces deux groupes créera le nouvel écosystème journalistique.
Participation de l’auditoire à la conversation et à la production de contenu
L’information et le journalisme ne sont plus à sens unique. Les deux interlocuteurs ont maintenant la capacité de s’exprimer et de commenter la nouvelle. Les sites des journaux incorporent de plus en plus des blogues sur lesquels les lecteurs peuvent donner leurs opinions, laisser des commentaires ou préciser l’information . Les entreprises passent de plus en plus par du contenu virtuel interactif et du marketing viral au lieu de se limiter à l’achat de publicité dans des publications ou sur des chaines télés ou radios.
Temporalité de plus en plus axé sur le temps réel
Le « just in time » de l’internet rend de plus en plus difficile l’utilisation des anciens processus journalistique basés sur l’idée que l’on a jusqu’au journal télévisé du soir ou le lendemain matin pour préparer un article. Les chaines d’information en continue avaient déjà bien entamé ce changement mais n’avaient habituellement pas la profondeur nécessaire pour concurrencer un texte de journal écrit. La diffusion web vient combiner la rapidité et la profondeur du contenu.
Profonde remise en question du modèle d’affaire des journaux
La multitude de journaux actuellement en difficultés financières ou en cours de faillite montrent bien la difficulté de faire évoluer ce modèle d’affaire aux côtés du web. De plus en plus de gens décident de consulter des sources électroniques pour avoir accès à l’information et la « vache à lait » classique des journaux, les annonces classées, est érodée par l’apparition des Graiglist et eBay de ce monde. Les revenus publicitaires quand à eux sont directement reliés à la quantité de lecteurs, donc diminuent eux aussi à mesure que l’auditoire baisse.
Développement du « long tail »
Le « long tail » est un concept désignant la multitude de niches dans un marché auquel les acteurs classiques construits autour d’une offre généraliste ne peuvent pas répondre . L’exemple classique de ce principe est Amazon, qui avec son architecture logistique d’entrepôt et de présence sur le web peut offrir une plus large étendue de produits qu’une librairie classique qui ne pourrait pas se permettre un tel inventaire.
La facilité de publication et d’échange permet la création de communauté virtuelle autour de sujets qui autrefois n’aurait pas été suffisant pour mettre sur pied une revue ou un livre. Par exemple, les wikis cités en première partie (Wookieepedia et Evewiki) sont des portails portant sur un sujet extrêmement précis touchant un micropublic planétaire (une petite quantité de gens répartis partout dans le monde). Ces gens ne peuvent pas être rejoints par l’intermédiaire d’une publication papier ou d’une émission de radio ou de télévision de façon réaliste.
Cependant, le web est un canal d’échange parfait pour eux. On peut donc parfaitement imaginer en 2009 un amateur de Star Wars assurer la couverture journalistique d’une convention de fans en Oregon et de rendre cette information accessible à la planète entière. Une telle idée aurait été complètement loufoque il n’y a pas si longtemps.
Modification du rôle des médias
Les grands médias ne sont plus autant des porteurs d’information que des porteurs de classification et de crédibilité. S’ils veulent survivre ils doivent apporter plus qu’une simple livraison d’information car dorénavant ce domaine peut être fait par pratiquement tout le monde. Les autres fonctions des journalistes, comme la classification et la sélection de l’information pertinente à un public et le journalisme d’equête sont probablement des avenues à explorer d’avantage afin d’assurer une utilité à la profession.
L’énorme quantité d’information maintenant disponible ne fait que créer la possibilité d’être bien informé, elle ne le garantie pas. Il y a encore une place importante pour des organisations qui auront comme mission de faire le tri dans cet océan électronique et de rendre à leurs auditoires seulement le contenu et les échanges qui les intéressent. Les grands médias avec leur présence déjà bien établie et leur public déjà acquis (bien que jamais de façon permanente) sont très bien placés pour combler ce nouvel espace.
Tiré d’un travail dans le cadre du cours Technologies de l’information et relations publiques
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